Ce matin, je devais me rendre chez iWeb pour débugger un problème avec le serveur principal de koumbit. C'était une belle journée chaude pour faire du vélo, 2 degrés sur le thermomètre... iWeb est au coin Préfontaine/Hochelaga, alors c'est une randonnée plaisante: St-Urbain, St-Joseph, Fullum et Hochelaga. Facile, non? Eh bien, mon vélo en pensait autrement... Autour de l'intersection de Lanaudière, ma roue arrière a explosé. Dans un grincement plaintif et atroce, mon vélo a figé en m'arrêtant dans ma course.

Diagnostic: 7 rayons de cassés, la roue complètement faussée, les freins qui bloquent... J'ai dû complètement débrancher mes freins arrières et réaligner la roue pour pouvoir repartir. La question était de savoir: combien de temps un vélo peut-il rouler avec 7 rayons en moins? Je devais au moins me rendre chez iWeb. Enfin, le vélo a enduré mes tortures jusque chez iWeb et j'ai même réussi à le ramener chez Vélo Villeneuve (au coin St-Urbain), à son créateur, qui était bien impressionné de voir dans quel état j'avais réussi à lui ramener son vélo. Chic type quand même, on a parlé de vélo, de travail... il est un peu dans la même situation que moi: dévoué à démarrer sa propre entreprise, a essayer de trouver des gens fiables avec qui il peut travailler, le tout en essayant de joindre les deux bouts...

Mon intéressante conversation a cependant été interrompue par un appel de mon collègue Omar qui me demandait si j'en avais encore longtemps à réparer le serveur. L'intervention qui devait durer que 15 minutes n'était en fait pas terminée, à mon insu. C'est que le serveur n'était toujours pas revenu après que je sois parti de chez iWeb. Il a pourtant démarré correctement lors de mes tests là-bas. En fait, le problème est dû à la façon dont les choses se font chez iWeb: impossible d'avoir une console sur le serveur "live", désormais. Le seul accès possible au serveur, c'est de le fermer, le débrancher et l'amener sur la table d'opération, ce qui est un peu stupide parce qu'il est dès lors impossible de diagnostiquer des problèmes réseau. Pour terminer cette narration technique, disons simplement qu'en essayant d'ajouter les pilotes pour une nouvelle carte réseau, cette nouvelle carte a décidé de se placer comme première carte réseau, en remplacement de l'originale, qui elle était connectée correctement sur "internet", ce qui rendait évidemment le serveur impossible à rejoindre. Un petit jeu de téléphone cellulaire plus tard et les choses étaient rentrées dans l'ordre...

J'ai quand même pris le temps de laisser mon vélo entreposé chez Vélo Villeneuve pour l'hiver. 60$, mise au point de base comprise. Évidemment, remettre mon pauvre vélo en état va coûter plus cher: il faudra changer la roue, la chaîne (dont les pignons arrière). Le ruban du guidon a également besoin de remplacement. J'espère que ça va coûter moins de 200$. Ça m'apprendra à essayer mon vélo l'hiver et ne pas prendre soin de bien gonfler mes pneus. Au moins les dommages s'arrêtent ici.. J'avais beau graisser ma chaîne à chaque sortie, il en reste que le calcium et la slush sont impitoyables. Ça vous gruge un vélo par tout ses morceaux: la chaîne qui rouille, le dérailleur qui fige, le métal qui se couvre du dangereux calcium blanc, le cadenas qui gèle, tous les petits boulons et joints qui se tordent et se cassent tout seuls...

Le message est clair: "toi, tu peux bien continuer, moi, j'arrête ici". Mon vélo a choisi pour moi la fin de ma saison. Je suis au moins fier d'avoir duré aussi longtemps et de m'en sortir avec une excuse mécanique.

Pour ceux qui se demandent pourquoi ne pas prendre un vieux vélo usagé et le tuer à l'hiver: je crois que c'est trop dangereux. Le vélo que j'ai maintenant est mon premier "vrai" vélo, avec une mécanique fiable, et c'est quand on touche à un vélo comme celui-là qu'on réalise ce qu'on a manqué avant. Les vitesses qui arrivent au bon endroit, au bon moment, les freins qui marchent même sous la pluie, des garde-boue contre tout, une direction qui tient la route, et un pédalier qui en redemande, le tout stable sous son poids, prévisible. Plus jamais je ne reviendrai à un vélo tout cassé, à moins de l'être moi-même sérieusement (cassé). D'ailleurs, les vélos usagés ne sont pas à l'abri des malices de l'hiver, bien au contraire. Déjà faibles, ils vont vous péter dans les mains et il faudra dépenser encore de l'argent pour les réparer.

Je préfère prendre une petite pause et revenir en avril, ou peut-être même en mars! Je vais en profiter pour lire, car l'hiver est ma période de lecture. Le métro et le transport en général devient évidemment plus pratique pour lire et s'instruire qu'une course à vélo!

Bonne route et bonne vacances à tous...

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