Mardi dernier, j'ai fait face à la chaleur et au smog de Montréal en ayant la bonne idée de faire 30 kilomètres d'allez-retour en vélo sur la rue St-Laurent. Comissions à la MEC, meeting de Koumbit, j'ai pédalé pas mal. Tout semblait correct ce jour-là, mais le lendemain, mercredi, j'étais sur le cul, comme on dit chez nous. Fatigue extrême, maux de tête, j'ai à peine réussi à travailler ce jour-là.

Depuis ce jour, je suis sur une pente remontante. Je ne dors pas aussi bien qu'avant, mais je vais un peu mieux. C'est assez frustrant de se dire que je tombe malade à cause que je fais de l'exercice en ville. D'autant plus frustrant que c'est ma seule source de conditionnement physique et qu'une des raisons que je me voyage strictement en vélo en est une .... écologique!

Après je dois me battre avec les chars pour garder ma place sur la route: "va donc sur la piste cyclable", "tasse-toi du chemin", la terreur des grosses cylindrées et des camions à benne... L'écologie peut bien passer par les égoûts ou les pistes cyclables (ce qui est la même chose, pour moi, j'y reviendrai), on s'en fout, tant qu'on peut aller travailler à l'air climatisé sans se faire péter sa bulle.

Marre, je vous jure. Je crois que je commence à atteindre mon point de refus. Je ne pourrai plus accepter une telle oppression, qui vient maintenant nous chercher chez nous. Le smog a une cause: c'est la sur-utilisation de la voiture, et contrairement aux autres formes de pollutions (effets de serre ou pluies acides), nous n'avons que nous-mêmes à blâmer cette fois. Le smog "est un phénomène local et ponctuel. Au Québec, on attribue au transport routier près de 40 % des gaz à effet de serre et près de 80 % de certains gaz responsables du smog."

Évidemment, dans de telles conditions, comment s'attendre à une quelconque adoption des moyens de transport alternatif par la population? De plus, comment faire pour que les milliers de banlieusards qui viennent travailler à Montréal chaque jour, seul dans leur voiture, adoptent un autre comportement?

Nous en sommes à un point de non-retour où la population ne va plus naturellement aller vers des moyens de transports plus propres, manifestement. Les services de transport en commun se dégradent ou deviennent plus coûteux, et ne suivent pas les développements de population. Essayez de vous rendre à Fabreville, à Laval, autrement qu'en auto un dimanche, vous allez vous amuser.

Il faudra une volonté politique extraordinaire pour mettre en place des mécanismes pour empêcher l'utilisation des SUVs et des voitures à un conducteur. Il faudra aussi un réinvestissement massif dans les structures sociales existantes: métro, trains de banlieue (oui-oui! il y en a!), autobus de tout acabit. Autrement, nous allons vers une distopie des plus déprimante: impossible de faire du vélo, on doit rester à l'intérieur, masques à gaz, etc.

C'est ça que vous voulez? C'est comme ça que va finir l'ère du pétrole? Course aux resources, guerre, on va littéralement brûler le pétrole jusqu'à ce que la boucane et la température nous tue.

On est en train de foutre le feu au paradis, je me demande combien de temps l'enfer peut durer...

Moi, je vais pas me laisser faire.

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